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Quel était l'objet de votre déplacement en Afrique du SudJ'ai l'honneur d'être depuis quelques mois le successeur du Sénateur Jean Puech comme président du groupe d'amitié sénatorial France-Afrique du Sud. L'ex ministre délégué au commerce extérieur, M. François Loos, m'ayant proposé de me joindre à lui dans un voyage au Nigeria et en Afrique du Sud, deux poids lourds de l'Afrique sub tropicale, j'ai organisé mon emploi du temps en conséquence et l'ai accompagné. Au Nigéria nous sommes allés à Abuja et Port Harcourt, la capitale pétrolière. L'objectif était de voir comment améliorer nos positions. J'en ai profité pour rencontrer les Français à la veille du référendum sur le traité constitutionnel. En Afrique du Sud, mon projet était de mettre en place avec l'Ambassadeur un début de coopération parlementaire. En effet, à l'heure actuelle, il n'existe pas de groupe d'amitié au Parlement d'Afrique du Sud. La deuxième chambre sud-africaine, le Conseil des provinces, n'a pas le même rôle ni la même notoriété que notre Sénat. L'idée est d'identifier aux sein des deux chambres du Parlement, les parlementaires qui s'intéressent à la France afin de leur proposer d'être les interlocuteurs des groupes d'amitié français. Coïncidence...il se trouve qu'un groupe de parlementaires sud-africains est venu en France juste après notre visite pour voir ce qu'on pouvait leur apprendre pour l'organisation de la coupe du monde de football. Par ailleurs, comme partout et toujours, j'ai rencontré les représentants de notre communauté, visité écoles et instituts français, apprécié notre dispositif commercial (Mission économique, chambre de commerce, conseillers du commerce extérieur). J'ai beaucoup échangé avec les responsables dans le but à la fois de mieux connaître et d'aider à la solution des problèmes de nos compatriotes et d'améliorer notre présence et nos positions. Et au Mexique ?Au Mexique, en compagnie des trois membres élus de la circonscription à l'Assemblée des Français de l'étranger, j'avais les mêmes objectifs généraux mais je tenais à privilégier le lycée franco-mexicain de Mexico (qui scolarise plus de 3000 élèves) où il existait un malentendu avec l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger. Nous nous sommes également intéressés à une nouvelle école française dont le développement est prometteur à Cuernavaca à quelque 70km de Mexico. Quelles remarques pouvez-vous faire sur le référendum du 29 mai ?Après avoir animé un débat en Afrique du Sud, j'étais le 29 mai auprès des Français de Mexico quand ils ont voté. J'ai constaté une vraie mobilisation de notre communauté autour des associations, autour du Consul Général, pour aller chercher les procurations, encourager les gens à se déplacer pour aller voter. Il y a eu un réel enthousiasme, un véritable intérêt pour cette élection, avec pour résultat, une participation relativement importante compte tenu de la dissémination géographique des Français du Mexique et 81% de oui ! Il s'agit d'une population très éclairée, très concernée, très consciente que si la France veut exister au niveau international, elle a besoin du levier européen, pour faire le poids dans un monde multipolaire. Ils n'imaginent pas, toutes tendances confondues, qu'on puisse avoir un véritable avenir sans l'Europe. On a pourtant parfois l'impression que les Français qui s'éloignent de la France renient un peu leurs racines...C'est le contraire ! L'amour de la France est beaucoup plus grand chez les gens qui en sont éloignés. Les Français expatriés idéalisent la France. Après le Mexique, vous avez visité le Nicaragua et des pays andins, Colombie, Pérou et Equateur, qu'est-ce qui vous a frappé au cours de ce déplacement ?Ce fut effectivement un long et passionnant parcours effectué là aussi en compagnie des représentants de la circonscription à l'Assemblée des Français de l'étranger. J'ai été frappé par la différence qui existait entre la place de la France sur le plan culturel à travers les lycées remarquables, des alliances françaises qui font un excellent travail, et sa faiblesse sur le plan économique. Nos parts de marché sont dramatiquement faibles ! Il faut faire évoluer cette situation. Il faudrait faire en sorte que notre coopération culturelle et scientifique se traduise par un retour sur investissements, il faut être comptable de tout ce qu'on investit en matière culturelle. Quant à notre dispositif d'appui au commerce extérieur il doit évoluer dans le sens d'une plus grande efficacité concrète. J'ai eu de nombreuses réunions avec les missions économiques, les conseillers du commerce extérieur, les chambres de commerce. Il conviendrait d'identifier dans chaque pays les secteurs où la France n'est pas présente alors qu'elle pourrait prétendre à des positions fortes. Pour chacun de ces secteurs, il faut véritablement aller chercher les entreprises françaises ad hoc. Si, de surcroît, dans le cadre de la coopération décentralisée, certaines des entreprises françaises ciblées sont présentes dans une collectivité locale qui a déjà des liens avec le pays, c'est beaucoup mieux car tout passe à travers les relations humaines : quand les hommes se connaissent et s'apprécient il y a des choses à faire. Je plaide pour une nouvelle manière de travailler : la définition de cibles dans des secteurs déficitaires, l'élaboration de plans d'action concrets, le tout chapeauté par l'ambassadeur. Il appartient en effet à ce dernier de s'investir personnellement et de mobiliser autour de lui toutes les ressources de la collectivité : c'est lui le capitaine de l'équipe. Beaucoup le font bien déjà mais il faut arriver à faire travailler tous les membres de leurs équipes dans cet esprit. Et puis, il faut encourager les synergies public-privé et les synergies entre action culturelle et résultats économiques.
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