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Vous avez récemment accompagné le président de la commission des affaires étrangères, Serge Vinçon, à New-York pour assister à la 61e Assemblée générale de l'ONU. Que pensez-vous de la résolution 1721 adoptée par cette Assemblée sur la Côte d'Ivoire ?Je me réjouis que cette visite de la délégation française auprès des Nations-Unies ait eu lieu au moment où l'Assemblée Générale de l'ONU avait à débattre de la Côte d'Ivoire. C'est un pays qui est cher à tous les Français, et où un très grand nombre de compatriotes ont vécu. Ainsi, à l'époque du Président Houphouët-Boigny, à la fin des années 1970, près de 50.000 Français résidaient en Côte d'Ivoire. Au début de la guerre civile, entre 17 et 18 000 Français y résidaient toujours. Ils n'étaient plus que quelques milliers après le rapatriement de nos compatriotes et on estime qu'ils sont aujourd'hui entre 4 et 6 000. Un sénateur des Français de l'étranger ne peut qu'être extrêmement attentif à l'évolution de ce grand pays francophone qui a été à la pointe du développement économique des pays d'Afrique de l'ouest et qui traverse des difficultés considérables aujourd'hui dont nous souhaitons tous qu'il puisse se sortir rapidement. Avez-vous été déçu par la résolution 1721 ?La France qui était à l'origine du projet de résolution initial s'est trouvée contrée par trois pays : la Chine, la Russie et les Etats-Unis, tous les trois pour des raisons différentes. Ainsi, les Etats-Unis ne souhaitaient pas empiéter sur la souveraineté ivoirienne, au risque qu'un tel précédent puisse un jour leur être opposé et fragiliser leur Constitution à laquelle ils sont profondément et viscéralement attachés. La Chine s'intéresse quant à elle particulièrement au continent africain dont les ressources notamment minérales et énergétiques alimentent son expansion très rapide. Contrairement à la France et aux pays occidentaux, elle est prête à tout accepter de la part des Etats africains, à condition qu'ils continuent à l'approvisionner sur le plan économique et énergétique. En conséquence, les Chinois soutiennent le président Gbagbo et ne souhaitent pas discuter ses décisions et notamment la prolongation de son mandat. Quant à la Russie, et pour des raisons à peu près identiques, elle a suivi son très ancien allié, la Chine. La France, et la plupart des pays européens, se sont donc trouvés en minorité et dans l'obligation de revoir leur copie pour obtenir un vote. Et les autres pays africains ?Ils étaient pour la plupart, y compris les pays francophones, solidaires de la première résolution française. Ils ont vu avec une certaine consternation l'évolution de la situation. Quelle a été la réaction de notre ambassadeur auprès des Nations-Unies ?Jean-Marc de la Sablière, qui est un très grand ambassadeur, connaissant parfaitement son sujet, était évidemment désolé que la position courageuse de la France, appuyée par des pays francophones d'Afrique, n'ait pas été suivie par ses partenaires. Vous avez profité de votre séjour aux EU pour rencontrer la communauté française...La réunion organisée au consulat par le Consul Général de France, M. Francis Delattre, avait initialement pour objet de traiter de la couverture sociale des Français des Etats-Unis et plus particulièrement de la protection assurée par la Caisse des Français de l'étranger qui a une représentante au Consulat Général de France à New York. Elle s'est ensuite orientée vers la fiscalité de l'ensemble des Français de l'étranger. J'ai pu informer les représentants de la communauté française présents sur les avancées que nous avons récemment obtenues. Ces avancées sont le fruit de plusieurs années de travail et de concertation avec le ministère des finances. Tout semblait figé depuis le 30 décembre 1976, date à laquelle les grandes lignes de la fiscalité des expatriés avaient été arrêtées. C'était un des points sur lequel nous avions obtenu le moins de résultat. En 2004, j'ai saisi Nicolas Sarkozy alors ministre des finances d'un certain nombre de problèmes rencontrés par les Français de l'étranger. De nombreuses réunions ont eu lieu sur ce sujet à Bercy, de novembre 2004 jusqu'à fin 2005, dans le cadre de groupes de travail qu'il a mis en place, comprenant mes collègues sénateurs et moi-même, des représentants du Ministère des Affaires étrangères et de Bercy. Et nous avons finalement obtenu pour les Français de l'étranger, les avancées suivantes :
Aborderez-vous le sujet de la participation électorale des Français de l'étranger à l'occasion de la prochaine réunion de bureau de l'Assemblée des Français de l'étranger de décembre 2006 ?Nous rentrons dans une période pré-électorale. A cet égard, la participation des Français à l'élection du Président de la République est un sujet majeur parce que le taux de participation de nos compatriotes montrera l'intérêt qu'ils portent aux affaires du pays. Et il est important pour le représentant des Français de l'étranger que je suis de pouvoir dire à mes compatriotes de métropole que les Français de l'étranger ne se désintéressent pas de ce qui se passe en France lors d'une élection présidentielle et qu'ils entendent par leur vote montrer leur attachement à leur patrie. Donc nous avons entrepris une vigoureuse campagne civique, en dehors de tous clivages politiques. La conférence de presse qui a eu lieu la semaine dernière au quai d'Orsay en présence des présidents des deux principales associations représentatives des Français de l'étranger en est la meilleure preuve. Etes-vous déçu par le résultat du vote électronique aux dernières élections de l'Assemblée des Français de l'étranger ?Je suis profondément déçu. Je pense que les contraintes de sécurité déployées étaient excessives et qu'elles ont empêché un certain nombre de nos compatriotes de participer au scrutin alors qu'ils étaient régulièrement inscrits. Si je suis d'avis de garantir la sécurité et la fiabilité du vote électronique par des mesures de contrôle strictes, encore faut-il ne pas le décourager. Pour résumer, vous êtes favorable à la généralisation du vote électronique à condition que les modalités de ce vote soient assouplies ?Je suis pour la réalisation d'une étude approfondie sur ce moyen de vote et pour son développement qui est promis à un grand avenir. Vous êtes plus optimiste que certains de vos collègues sénateurs...Je suis positif à long terme en me disant que nous aurons beaucoup d'obstacles à franchir. Pourquoi les négociations avec l'Unedic achoppent-elles s'agissant de la couverture chômage des Français de l'étranger ?La couverture chômage des Français de l'étranger remonte aux années 1970. Elle était porteuse d'espoirs mais son application s'est révélée décevante en raison de l'attitude frileuse des partenaires sociaux à l'égard des Français de l'étranger. Ainsi, nos compatriotes de l'étranger ne peuvent toucher leurs indemnités chômage qu'à condition de rentrer en France, ce qui obère leurs chances de pouvoir retrouver un emploi dans leur pays de résidence. Les partenaires sociaux refusent qu'ils soient indemnisés dans leur pays d'installation au motif que la réalité de leur inactivité est difficile à contrôler. Or, des contrôles peuvent parfaitement être réalisés par les comités consulaires d'aide sociale siégeant dans nos consulats. Des démarches sont actuellement en cours, mais la gestion de l'Unedic par les partenaires sociaux ne facilite pas des décisions novatrices favorables à la situation des Français de l'étranger à la recherche d'emploi. Pensez-vous que ce dossier aboutira dans un délai raisonnable ?J'espère que les négociations en cours vont permettre de lever des obstacles qui ont duré trop longtemps.
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